Wesley So gagne ce tournoi pour la deuxième année consécutive. Avec 5,5 points sur 9, il a fait un tournoi à la So : 2 gains, 7 nulles, aucune défaite. Je n'ai rien contre l'homme : je ne le connais pas. Mais ce n'est pas le style de joueur que j'aime suivre. Et même sa carrière est presque une déception : il ne s'est jamais réellement battu pour le titre mondial (une fois candidat je crois) alors qu'il est régulier. Mais prudence et motivation sont les deux moteurs de son jeu.
| La grille finale (source : chessbase.com) |
"Pragg", lui a eu un peu plus de turbulences : après avoir battu le challenger au titre mondial Sindarov, il s'incline contre Vincent Keymer. Puis il renverse le pauvre Van Foreest (large dernier) et contre MVL.
Troisième du tournoi, Vincent Keymer confirme son statut dans l'élite mondiale. Enfin Sindarov n'a pas montré quelque chose de particulièrement impressionnant : battu par Pragg, il remporte deux succès d'affilée pour rejoindre l'Allemand.
A part So, les Américains ont fini à 50%. Aronian a tenu son rang, Caruana a déçu et Sevian a tenu le choc : il a remplacé Alireza Firouzja, qui a décliné le tournoi pour cause de collision avec la E-sports World Cup.
Quand à Maxime Vachier-Lagrave, son résultat final peut être décevant : vainqueur de Sevian, il a manqué le gain contre Van Foreest puis s'est embrouillé dans les complications de son sacrifice contre Pragg. Dommage car le Français visait une qualification (peu probable) pour la finale du Grand Chess Tour. Mais cela montre, une fois de plus, les difficultés qu'il rencontre à concrétiser contre l'élite mondiale. Le temps fait son œuvre aussi.
Les Néerlandais Giri et Van Foreest n'ont pas brillé : si on exclut leur confrontation, gagnée par Giri, ils totalisent 7 défaites et 10 nulles. Van Foreest a très vite été la cible de ses adversaires.
Même si le coefficient de gains paraît acceptable (17 gains sur 45 soit environ 38% de victoires), le format de ces tournois m'interroge quant à l'intérêt qu'ils peuvent avoir :
- Des tournois fermés sur invitation où tout le monde se connaît et se joue et se rejoue. Peu d'ouvertures vers les "nouveaux" même si on ouvre la porte à un ou deux.
- Le nombre restreint de joueurs. 10 pour 9 rondes. Avec aussi peu de parties, la défaite condamne quasiment la victoire dans le tournoi ; d'où la prise de risques assez "mesurée" de certains joueurs. Augmenter le nombre de compétiteurs me paraît absolument nécessaire mais il faudra aussi travailler sur d'autres aspects pour avoir des tournois plus spectaculaires : le nombre de parties, les cadences de jeu pour éviter les surpréparations qui neutralisent les joueurs et leur créativité.
La Sinquefield Cup clôt la première phase du Grand Chess Tour. Cette série de tournois est faites de compétitions en parties longues, rapides et blitz. Caruana, So, Pragg et Keymer se disputeront des matchs pour décider le vainqueur de ce circuit, qui fonctionne à l'écart des autres. L'intérêt des premières années a laissé place à une certaine lassitude en tant que spectateur. Mais c'est rémunérateur pour les joueurs... enfin tant que M. Rex Sinquefield et sa famille y mettront des sous.
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