jeudi 3 septembre 2026

Triple champion de France, Chartres échecs perd une grosse partie de sa subvention.

 L'annonce a été faite hier. Le président de Chartres Echecs, François Gilles, a publié un post dans lequel il dénonçait la réduction drastique de la subvention de la mairie de Chartres à son club. Cette nouvelle dotation ne suffirait pas à couvrir les frais de fonctionnement du club. En conséquence, les équipes phares devront se délester de tous leurs meilleurs joueurs.

Cette mauvaise nouvelle, qui concerne le triple champion national par équipes en titre, n'est qu'un épisode de plus dans l'histoire de la dure vie des clubs de haut niveau.

 

 

Chartres n'est ni le premier et ne sera pas le dernier à être victime des baisses de subvention.? Je cite de mémoire Lyon Olympique (je crois) : soutenu par le maire Michel Noir, le club a perdu son appui lorsque ce dernier a été remplacé par un Raymond Barre bien moins échéphile. On pourrait citer également, toujours dans les années 1990, Auxerre (qui avait recruté Kasparov). Plus récemment, l'article d'Europe Echecs le mentionne, Bishwiller a aussi été victime de ces coupes, même si la situation était différente.

 Le contexte :

Mars 2026. Les élections municipales à Chartres se résument à un duel entre deux candidats du même parti  (LR) : Jean-Pierre Gorges, maire sortant et grand appui des 64 cases, et Ladislas Vergnes. C'est ce dernier qui l'emporte et qui rafle aussi la présidence de la Métropole.

Autre contexte, plus global : il faut faire des économies et réorienter les priorités. Sans doute que le club de handball (qui évolue dans l'élite) n'aura pas la même violence dans les baisses de dotation.

Furieux, François Gilles annonce qu'il quitte la présidence de Chartres à l'issue de la saison 2026-2027 et que le club assurera sa présence dans les compétitions où il est engagé (en top 16 notamment) mais avec des ambitions forcément réduites au maintien. 

 Ce que cette histoire nous dit :

- Le sport français, et le sport professionnel, vit énormément du soutien de l'argent public, par rapport au privé. C'est un fait. On peut aussi s'interroger si cette dépendance n'est vraiment pas trop excessive.

- Les subventions sont variables selon l'appétence de l'exécutif par rapport à telle ou telle activité. Il n'y a pas de changement politique à Chartres mais un changement d'hommes à la mairie.

- Il faut aller chercher l'argent où il est, dans le secteur privé. Mais il faut constituer et valoriser un tissu local d'entreprises, de partenaires. Or, le jeu d'échecs dépend trop de la volonté d'individus isolés. A haut niveau, on le retrouve avec la Sinquefield Cup, les tournois WR Chess et autres. On n'arrive pas à constituer ce groupe de sponsors durables.

- Il faut alors changer de culture : dans un contexte économique et budgétaire difficile, il faut se serrer la ceinture et changer de logique. Ne pas attendre la subvention publique. Je parle évidemment des clubs "professionnels" pas des autres clubs.

- Ce qui renvoie à une réalité bien plus décevante : en dépit de l'image positive et croissante qu'a le jeu d'échecs, celui-ci n'attire pas les sponsors. Pourquoi ? Manque de visibilité tout simplement ! Un sponsor paie pour être vu et assez vu.

- Les prochaines élections à la tête de la FIDE, fin septembre, apporteront-elles des réponses pour mieux "vendre" les échecs ? Et ceci influence le très haut niveau mais aussi au niveau plus bas. Quelle place occupe Chartres dans le sport français ? Une équipe en Starligue de handball et un pôle espoirs, une équipe féminine de basket-ball. Et puis ? Un triple champion de France sortant aux échecs.

Et dire que lorsqu'il a réussi sa 3e norme de GMI à Chartres, Marc'Andria Maurizzi avait vu une personnalité reconnue assisté à une des rondes : elle s'appelle Jean-Pierre Papin.

 

 

 

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